Guide complet

Lecture : 7 min

Le BARF chez le chien :

oui, mais pas n’importe comment !

Viande, os charnus, équilibre alimentaire :
ce qu’il faut savoir avant de se lancer.

INTRODUCTION

Cela fait maintenant plus de 15 ans que je connais le BARF.

 

Pendant toutes ces années, j’ai expérimenté différentes façons de faire, rencontré d’autres personnes qui pratiquaient cette alimentation et surtout, j’ai pu observer les résultats sur mes propres chiens.

 

J’ai donc connu les bons comme les mauvais résultats.

 

Et avec le temps, j’ai compris une chose : le BARF peut très bien convenir à certains chiens, mais il ne suffit pas de donner de la viande crue et quelques os pour pouvoir considérer que la ration est forcément adaptée.

Lorsque j’ai commencé, je faisais une ration composée d’environ 40 % de viande, 40 % d’os, 10 % d’abats et 10 % de légumes, à laquelle j’ajoutais différents compléments, notamment des huiles végétales et de poisson.

 

En plus de la composition de la ration, il faut également prendre en compte le poids du chien, son âge, son activité et son stade physiologique.

 

Pour un chien adulte, la quantité distribuée peut notamment être calculée en fonction de son poids vif ; pour un chiot, les besoins sont évidemment différents.

 

Au fil des années, ma façon de voir le BARF a donc évolué.

 

Et c’est justement ce que je souhaite partager ici : pas une méthode miracle, mais mon expérience et les réflexions auxquelles elle m’a menée.

5 POINTS ESSENTIELS À COMPRENDRE

LE BARF NE SE RÉSUME PAS À DE LA VIANDE

Une ration composée de plusieurs éléments et adaptée au chien.

LES OS NE SONT PAS TOUS À METTRE DANS LA GAMELLE

Taille, forme, dureté et façon de manger comptent.

UNE RATION DOIT ÊTRE ÉQUILIBRÉE

Le BARF « classique » ne couvre pas forcément tous les besoins.

ATTENTION AUX IDÉES REÇUES

BARF, carences, vers, cancers, salmonellose… démêlons le vrai du faux.

J’ADAPTE À MON CHIEN

Âge, poids, activité, état physiologique et expérience comptent.

MON EXPÉRIENCE AVEC LE BARF

J’ai connu des chiens pour lesquels cette alimentation s’est très bien passée.

Mais j’ai également connu des situations beaucoup moins satisfaisantes.

Certains de mes chiens étaient trop gros ou trop maigres. Certains avaient des difficultés à réguler leur poids. J’ai également pu observer des problèmes concernant le pelage, la forme et la consistance des selles ou encore certains problèmes articulaires avec l’âge.

À l’inverse, j’ai aussi constaté des choses très positives :

  • des chiens rarement malades ;
  • une meilleure musculature ;
  • des selles plus faciles à ramasser ;
  • un pelage qui me semblait plus agréable ;
  • des chiens qui vieillissaient en restant actifs ;
  • et globalement, des chiens qui semblaient bien dans leur alimentation.

Cette expérience m’a appris à ne pas considérer le BARF comme une solution universelle.

 

Ce qui fonctionne avec un chien ne fonctionnera pas forcément de la même manière avec un autre.

LE BARF « CLASSIQUE » : CE QUE J'AI APPRIS AVEC LE TEMPS

Au fil de mes expériences personnelles et de mes rencontres avec des personnes ayant parfois beaucoup plus de pratique que moi dans ce domaine, j’ai progressivement compris que certains éléments pouvaient être oubliés dans une ration BARF dite « classique ».

 

La question n’est donc pas simplement de savoir si l’on donne suffisamment de viande, d’os ou d’abats.

 

Il faut également réfléchir à l’ensemble des besoins nutritionnels du chien.

 

C’est justement ce qui m’a amenée à m’intéresser davantage à la précision des rations et aux différents besoins nutritionnels du chien.

 

Un jour, en répondant à une publication Facebook concernant le BARF, une personne m’a posé une question très précise sur l’équilibre de sa ration.

 

Et je n’ai pas su lui répondre.

Cette situation m’a fait réfléchir.

 

Parce qu’une ration peut sembler parfaitement cohérente lorsqu’on la regarde dans son ensemble, sans pour autant savoir précisément ce qu’elle apporte réellement au chien.

PET DIET DESIGNER : ALLER PLUS LOIN DANS LA RÉFLEXION

Avec le temps, j’ai également appris à utiliser un logiciel intéressant basé sur les directives du NRC — Nutrient Requirements of Dogs and Cats — appelé Pet Diet Designer.

 

Le logiciel est en anglais et payant.

Il permet cependant de se familiariser avec les différents besoins nutritionnels du chien et de construire une ration avec davantage de précision.

On peut notamment visualiser les apports nutritionnels au fur et à mesure que l’on construit la ration.

 

Cela permet de se rendre compte d’une chose importante :

il ne suffit pas de remplir des cases jusqu’à ce qu’elles deviennent vertes.

 

Certains nutriments entrent en corrélation avec d’autres et il faut donc également comprendre ce que l’on fait.

L’outil peut être intéressant, mais il demande déjà certaines connaissances pour être correctement utilisé.

LE DILEMME DE L'OS CHARNU

C’est probablement l’un des sujets qui provoque le plus de réactions lorsque l’on parle de BARF.

Lorsque j’ai commencé à parler des os charnus en 2014 sur les réseaux sociaux, j’ai rapidement constaté que le sujet faisait peur.

J’ai reçu des remarques comme :

 

« Tu vas tuer ton chien… »« C’est de la maltraitance… »« Tu es irresponsable, tu ne devrais pas avoir de chien. »

 

Je peux comprendre certaines craintes.

Donner un os à son chien peut sembler dangereux lorsque l’on ne connaît pas le sujet.

Mais entre « donner un os est dangereux » et « donner n’importe quel os à n’importe quel chien est sans risque », il existe une énorme différence.

UN OS CRU N’EST PAS UN OS CUIT

Il est donné pour acquis que donner un os cuit est dangereux : il peut se casser en petits morceaux pointus et présenter un risque.

 

La situation est différente avec un os cru.

Lorsqu’un os est donné avec de la viande autour, le chien ne le consomme pas de la même manière que s’il s’agissait simplement d’un os nu.

 

Mais cela ne signifie pas pour autant que tous les os crus sont adaptés à tous les chiens.

La taille de l’os doit notamment être adaptée à celle du chien.

 

Un os trop petit peut être avalé sans être correctement mâché et présenter un risque d’obstruction ou d’étouffement.

LE TYPE D’OS DOIT ÊTRE ADAPTÉ AU CHIEN

Le choix de l’os ne doit pas être fait uniquement en fonction de ce que l’on souhaite donner.

 

Il faut également observer comment son chien mange.

 

Un chien qui découvre les os n’aura pas forcément la même manière de les consommer qu’un chien qui en mange depuis longtemps.

 

Pour un chien débutant, je préfère éviter les os trop « complexes », comme certaines cuisses de poulet.

Le chien peut être tenté de manger la peau puis d’avaler l’os, sans réellement le mâcher.

 

On peut alors privilégier un morceau plus adapté à sa façon de manger.

 

L’os n’est donc pas forcément dangereux en lui-même : c’est aussi la manière dont il est donné qui compte.

ET LES GROS OS DE BŒUF ?

Je ne recommande pas les gros os de grands herbivores, comme certains os porteurs de bœuf.

 

Le chien ne peut généralement pas les consommer entièrement.

 

Certains chiens vont alors s’acharner dessus, parfois avec beaucoup de force, au risque de se blesser ou de casser une ou plusieurs dents.

 

Il y a également un autre problème : lorsque l’os n’est pas entièrement consommé, il peut rester dans le jardin ou être abandonné quelque part.

 

Ce n’est pas particulièrement hygiénique.

 

Alors, si votre boucher vous donne gentiment de gros os de bœuf, de porc ou d’autres grands animaux et que votre chien ne peut pas les manger entièrement, il existe une autre possibilité.

LE BOUILLON D'OS

Plutôt que de laisser un gros os être abandonné dans le jardin, on peut en faire un bouillon d’os.

C’est une façon différente de valoriser cet aliment, et votre chien pourra également se régaler.

LES OS CHARNUS :
OUI, MAIS AVEC DU BON SENS

Finalement, la question n’est peut-être pas :

« Les os sont-ils dangereux ? »

mais plutôt :

« Quel os, pour quel chien, et de quelle manière ? »

 

Un os cru, charnu et adapté à la taille du chien n’est pas la même chose qu’un os cuit, un petit os facilement avalable ou un gros os très dur qu’un chien va passer des heures à ronger.

C’est cette différence qui me semble essentielle.

LES IDÉES REÇUES SUR LE BARF

Le BARF est entouré de nombreuses affirmations.

Certaines sont très positives :

 

« Le BARF évite les cancers. »

« Le BARF donne une meilleure santé. »

« Le BARF coûte moins cher. »

 

D’autres sont extrêmement alarmistes :

« Le BARF donne des vers. »

« Donner des os est dangereux. »

« La viande crue rend les chiens agressifs. »

 

Mais une expérience personnelle, qu’elle soit positive ou négative, ne suffit pas nécessairement à établir une règle générale.

CETTE ALIMENTATION ÉVITE LES CANCERS

FAUX.

Tous les cancers ne sont pas liés à l’alimentation.

Il serait donc dangereux de présenter le BARF comme une alimentation permettant d’éviter les cancers.

LE BARF DONNE LES VERS !

FAUX.

La question des parasites ne peut pas être résumée au simple fait de donner de la viande crue.

MON CHIEN N’A PAS DE CARENCE, JE LUI FAIS FAIRE UN BILAN SANGUIN.

FAUX.

Une prise de sang ne permet pas nécessairement de mettre en évidence toutes les carences nutritionnelles.

L’absence d’anomalie visible sur un bilan ne signifie donc pas automatiquement que la ration couvre parfaitement tous les besoins.

DONNER DES OS EST DANGEREUX !

FAUX.

Tous les os ne se valent pas.

Il faut notamment distinguer les os crus des os cuits, tenir compte de leur taille, de leur dureté, de leur caractère charnu et de la manière dont le chien les consomme.

LE BARF COÛTE MOINS CHER QUE LES CROQUETTES !

FAUX.

Une alimentation BARF correctement construite peut représenter un coût important.

Le prix dépend notamment des aliments utilisés et de la manière dont la ration est construite.

AVEC UN CHIEN NOURRI AU BARF, ON NE PEUT PAS PARTIR EN VACANCES.

FAUX.

Il est tout à fait possible de partir avec un chien nourri au BARF.

Cela demande simplement de prévoir son alimentation et son équipement différemment.

AVEC LE BARF, ON PEUT DONNER LES DÉCHETS DE CHEZ LE BOUCHER OU LE CHARCUTIER.

FAUX.

Tous les morceaux ne présentent pas le même intérêt nutritionnel.

Le fait qu’un aliment soit disponible ou considéré comme un « déchet » ne signifie pas qu’il peut remplacer n’importe quel élément de la ration.

DONNER DE LA VIANDE CRUE VA RENDRE TON CHIEN AGRESSIF.

FAUX.

Le fait de nourrir son chien avec de la viande crue ne suffit pas à expliquer ou à provoquer un comportement agressif.

MON CHIEN NE PEUT PAS ATTRAPER LA SALMONELLOSE CAR SON PH EST PLUS ÉLEVÉ QUE CHEZ L’HUMAIN.

FAUX.

Le fonctionnement digestif du chien ne permet pas de considérer qu’il est automatiquement protégé contre les agents pathogènes présents dans les aliments crus.

BARF ET CHIEN MALADE : UNE QUESTION QUI DEMANDE DE LA PRUDENCE

Dire :

« Le BARF est incompatible avec un chien malade »

serait trop simpliste.

La situation dépend du chien, de sa pathologie et de sa prise en charge.

Dans ce type de situation, la question de l’alimentation doit être abordée avec le professionnel qui suit l’animal.

CE QUE MON EXPÉRIENCE M'A APPRIS

Avec les années, j’ai progressivement abandonné l’idée qu’il puisse exister un complément miracle, une ration miracle ou une alimentation miracle qui conviendrait à tous les chiens.

 

Je ne donne pas plusieurs produits simplement parce qu’ils sont présentés comme « bons pour le chien ».

 

Chaque complément doit avoir une raison d’être.

Et surtout, l’alimentation doit être considérée dans son ensemble.

Mes propres expériences m’ont justement appris à observer mes chiens, à remettre en question mes habitudes et à continuer à chercher lorsque quelque chose ne fonctionne pas.

CONCLUSION :
LE BARF, C'EST TOP… OUI, MAIS.

Le BARF peut donner de très bons résultats.

Je l’ai moi-même expérimenté pendant de nombreuses années.

 

Mais ce n’est pas une alimentation que je conseillerais de reproduire à l’aveugle à partir d’une recette trouvée sur Internet.

Une ration doit être réfléchie, adaptée au chien et construite avec suffisamment de connaissances pour comprendre ce que l’on apporte.

 

Il faut également savoir reconnaître ses limites.

Aujourd’hui, après toutes ces années d’expérience et toutes les recherches que j’ai pu faire, je préfère ne pas donner de conseil personnalisé sur le BARF.

 

Je peux partager mon expérience, expliquer ce que j’ai appris et montrer les questions que cette alimentation soulève.

Mais lorsqu’il s’agit de construire une ration pour un chien en particulier, je préfère que cela soit fait avec l’accompagnement d’un professionnel compétent dans ce domaine.

 

Parce qu’au final, le plus important n’est pas d’avoir raison sur le BARF.

C’est de nourrir son chien de manière réfléchie, adaptée et responsable.

MON REGARD D’ÉLEVEUSE

« Au fil des années, j’ai appris qu’il n’existe pas de complément miracle, pas de ration miracle et pas d’alimentation miracle.
Il existe simplement des chiens différents, avec des besoins différents, et la nécessité de toujours continuer à apprendre. »

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